Employé toxique : que faire ?

Employé toxique : que faire ?

À la loterie du travail, c’est immanquable, il y a toujours un ou plusieurs éléments toxiques dans une équipe. Par contre, on peut les identifier et les gérer. Voici la marche à suivre.

Soyons honnêtes : que ceux qui n’ont jamais subi, directement ou indirectement, les conséquences de comportements d’une personne toxique au travail lèvent la main !

En vérité, des études réalisées auprès d’entreprises ont révélé que 96% d’entre nous ont déjà côtoyé ce type de personnes. Il y a donc lieu de croire que toutes les structures, des plus petites aux plus grandes, sont touchées par ce problème, qui peut miner l’ambiance, mais surtout nuire à l’harmonie et à la productivité d’une équipe de travail, en plus d’augmenter le taux de roulement des employés.

Alors, si vous êtes un entrepreneur ou un gestionnaire, il est temps d’agir ! Ou du moins de savoir comment gérer ce genre de personnes.

 

Repérer des éléments toxiques dans une équipe

Les experts en RH répertorient, selon les sources, de 5 à 15 profils types de personnes toxiques au travail, qui peuvent se retrouver aussi bien du côté des employés que des superviseurs/cadres.

Même si elles ne sont pas toujours facilement identifiables, car elles sont, soit douées pour la manipulation, soit inconscientes de leurs actes, ces personnes ont toutes en commun de privilégier leurs intérêts personnels en se servant des autres. Bref, elles reçoivent sans rien donner en retour.

Comment les repérer ? Au premier abord, les employés toxiques se caractérisent par un comportement double selon leurs interlocuteurs, des lacunes (souvent volontaires) en communication, de l’impolitesse, du narcissisme, de l’imprévisibilité, de l’hostilité, ou encore des humeurs changeantes.

Très sommairement, voici 10 profils types d’employés toxiques :

 

  1. L’incapable. Toujours désorganisé, passif, hostile au changement et tributaire des autres pour accomplir sa tâche. On le retrouve malheureusement aussi à des postes décisionnels, au sein desquels il palie son manque de compétences avec une microgestion malsaine.
  2. Le paresseux. Peu respectueux des délais, il trouve tous les moyens possibles pour ne pas travailler ou déléguer ses tâches.
  3. La commère. À priori, cet employé est divertissant et apprécié de tout le monde. Mais en vérité, c’est de lui dont proviennent tous les ragots, avérés ou non. Et il cannibalise l’attention plus souvent qu’autrement l’attention de ses collègues, au détriment de son travail.
  4. La victime. Toujours négatif, cet employé se plaint continuellement de tout et de tout le monde. Et nuit de ce fait à l’harmonie du groupe dans lequel il évolue.
  5. Le martyre. Il travaille fort, ou du moins s’en vante continuellement pour rabaisser les autres et leur faire ressentir de la culpabilité.
  6. Le compétiteur. C’est l’adepte des surenchères, pour montrer aux autres que ses idées et son travail sont meilleurs que ceux des autres membres de son équipe.
  7. Le jaloux. Cet employé n’attend qu’un faux pas pour dénigrer ses collègues ou même fomenter des complots contre eux, à son avantage bien sûr.
  8. Le manipulateur. Son but est d’avoir tout le temps de l’ascendant sur les autres. En position de supériorité hiérarchique, il peut s’avérer dangereux, jonglant entre les menaces, les mensonges et le chantage affectif. 
  9. Le lunatique. Totalement imprévisible, il peut changer d’humeur en un temps record, ce qui peut provoquer un sentiment d’insécurité et un manque de confiance dans son équipe.
  10. Le sociopathe. Voici l’employé qui laisse des traces de destruction partout où il passe, dans les équipes comme dans les entreprises où il travaille. Comportements harcelants, mépris des règles, problèmes avec l’autorité ; à éviter à tout prix !

Gérer un employé toxique

Identifier un employé toxique est une chose, régler la situation en est une autre. Plusieurs écoles de pensée s’affrontent en la matière, mais en général, il est recommandé d’envisager des solutions moins drastiques que le renvoi. Il faut effectivement tenir compte du fait qu’une nouvelle embauche pour remplacer ce travailleur peut représenter, en termes de temps et de coûts, jusqu’à la moitié d’un salaire annuel.

Alors, par où commencer ? Par une analyse impartiale. S’il y a eu des plaintes formulées contre l’employé, vérifier qu’elles se recoupent et comprennent des éléments vérifiables est important. Si aucune plainte n’a été portée, mais que le milieu de travail est devenu hostile avec, par exemple, plusieurs départs rapides ou une augmentation de l’absentéisme, il faut comprendre d’où vient le problème. S’agit-il d’un employé toxique, d’un excès de travail, ou bien d’une mauvaise gestion (la vôtre comprise)?

S’il s’avère que le problème provient d’un employé toxique, on peut régler la situation en le confrontant pour lui faire changer d’attitude, soit en jouant subtilement sur ses forces. Après tout, certaines de ces personnes n’ont pas conscience de mal faire et ne comprennent pas toujours les valeurs ou les politiques de l’entreprise. Elles peuvent aussi faire face à des problèmes personnels que l’on ignore.

Concrètement, puisque l’objectif central est de stopper le comportement toxique de l’employé, il est important de lui faire connaître de manière très claire les attentes de l’entreprise, en lui fournissant des objectifs et des limites à ne pas franchir. Il faut aussi exiger de lui une rétroaction et l’accompagner dans cette démarche en faisant preuve d’écoute. Cette manière de procéder permet du même coup de documenter son geste en tant que superviseur, ce qui peut être utile si on doit finalement renvoyer l’employé ou faire face à d’autres cas de figure similaires par la suite. 

Jouer avec les forces d’un employé toxique peut être aussi considéré. Par exemple, si ce dernier est du type paresseux, on peut concevoir avec lui un plan d’amélioration des performances. S’il s’agit d’un martyre, on peut transformer l’esprit compétitif de l’entreprise en esprit collaboratif. Quant à la commère, on peut la concentrer sur des tâches qui la mettent moins en lien avec les autres.

Par contre, si le comportement de la personne toxique ne change pas, qu’elle trouve des excuses ou se montre hostile à s’améliorer, il est temps de s’en séparer. Il ne faut pas non plus perdre de temps avec les employés harcelants, qui n’apporteront rien de bon à l’entreprise. Parce que malgré les coûts associés à un départ, l’harmonie dans une équipe est fondamentale pour garder ses talents et assurer la productivité et la pérennité d’une société.

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