Il crée une série avec ses étudiants!

Il crée une série avec ses étudiants!

18h (1)Ce chargé de cours, qui enseigne les effets visuels et les jeux vidéo, vient de créer sa série en employant des étudiants du centre NAD!

«Seldon X», c’est le nom du projet de série développé par Marc Joly-Corcoran, chargé de cours de l’Université de Montréal. L’histoire prend pour point de départ une société futuriste où certaines personnes naissent aveugles.« Il faudrait convaincre un producteur qui ait … des couilles! », lance-t-il.

En plus d’initier ses étudiants à la chronophotographie, au numérique ou au montage de 16mm, celui qui connaît l’histoire du cinéma et des effets visuels sur le bout des doigts  a commencé à filmer un ambitieux projet de série avec des étudiants du Nad. Impressionnant, le premier trailer est déjà disponible. Nous l’avons rencontré!

Espresso-Jobs : Pouvez-vous nous parler de votre projet Seldon X?

Marc Joly-Corcoran : C’est un projet que j’avais en tête depuis très longtemps avant de décider de m’asseoir et de le mettre sur papier. Il est animé par des questionnements que j’entretiens face à la surabondance des images que l’on connaît. On est tellement inondés dans un océan d’images que je me suis dit : qu’est-ce qui arriverait si l’on naissait dans une société où le tiers de gens sont aveugles? Je me suis dit que si je voulais convaincre un diffuseur, il fallait que je tourne quelques images.

Quel serait le résultat?

Une série de 4 épisodes d’une heure, ou une série Web. L’univers artistique est fait, les personnages sont là, pour moi c’est un «sandbox» ce projet-là. Quand j’y ai intégré des étudiants du Nad, c’était vraiment dans cette optique-là, de créer un univers assez touffu et que plusieurs personnes y travaillent. Les étudiants ont beaucoup participé à la création des designs dans les couloirs par exemple. Il y a des producteurs qui sont intéressés, la démo les impressionne, mais ils ne savent pas quoi faire avec au Québec! Il faudrait convaincre un producteur qui ait … des couilles! Excusez-moi l’expression!

Pouvez-vous nous présenter votre travail à l’UdeM?

Cela fait six ans que je suis chargé de cours à l’Université de Montréal, pour le cours de montage. On monte avec une 16mm, Final Cut pro 7. Depuis deux ans, je donne aussi un atelier Première Pro pour les premières années, pour leur montrer comment ça fonctionne avec le numérique. Certains étudiants viennent de cégeps en cinéma, mais d’autres non. Ils ne connaissent pas forcément les différences entre les termes, on part de zéro. Je donne aussi un cours Cinéma et technologies numériques depuis six ans. Ce cours va être amené à changer en raison d’un programme en jeux vidéo qu’il n’y avait pas quand j’ai commencé. Je vais aussi commencer à aborder la question des effets spéciaux et l’animation en images de synthèses.

Oui, c’est un milieu qui évolue vite.

Oui ça évolue vite, mais en même temps les théories n’évoluent pas tant que ça. Le photoréalisme, ça reste du photoréalisme! Je commence le cours avec le cinéma numérique arrivé au tournant des années 2000 avec la DV, une caméra-stylo qui a donné beaucoup de liberté aux réalisateurs. Aujourd’hui, on en vient à se demander si ce qu’on regarde est une image de synthèse recréé par ordinateur ou non. L’angle du cours est d’essayer de donner des outils aux étudiants pour leur permettre de faire une lecture appropriée de l’image qu’ils sont en train de regarder. Pendant longtemps, c’était de la capture analogique, en argentique. On se rend compte aujourd’hui que d’un point de vue ontologique, il n’y a aucune différence entre une captation numérique, et une image de synthèse. La frontière se brouille de plus en plus.

Est-ce que vous proposez une lecture historique?

Ce n’est pas un cours nécessairement historique, c’est un cours qui est très influencé par la phénoménologie, notre expérience avec l’objet numérique. Mais beaucoup de techniques existent depuis extrêmement longtemps : juste l’idée du numérique et du binaire, on peut remonter jusqu’à 200 ans avec le métier à tisser de Jacquard, qui était véritablement de créer des images sur un tissu, à partir de cartes perforées. C’est binaire! Trou, pas de trou! On est au début des années 1800. La chronophotographie, développée en 1880, est aussi un bel exemple. Étienne-Jules Marey s’intéressait à observer les différentes phases de l’envol d’un oiseau. Il utilisait une technique avec une plaque circulaire dans un fusil photographique, en pointant vers un oiseau. Comme une petite séquence d’images en mouvement. Eadweard Muybridge, quant à lui, voulait voir les différentes phases d’un cheval au galop, il a placé 24 appareils photographiques de manière latérale avec des petits fils au sol qui déclenchaient les obturateurs. La capture de mouvement d’aujourd’hui, c’est cela!

Est-ce que vous utilisez des extraits de films dans vos cours?

Oui, beaucoup. Quand je parle de chronophotographie, je leur montre les extraits. Je parle aussi beaucoup de la caméra virtuelle, une technique qui a commencé à être utilisée dans un moteur de gameplay. C’était la première fois qu’on pouvait contrôler la caméra autour du personnage. En jeux vidéos, j’aborde des questions de base de terminologie : c’est quoi une cinématique? Les gens partent de zéro. Je vais aussi leur parler d’immersion avec la réalité virtuelle. Au niveau de l’animation, c’est de plus en plus abordé. On a un cours Animation et Images Composites. Une grosse partie traite des effets visuels.

Quel est le profil type de vos étudiants?

Pour le cours de montage, ce sont des étudiants qui sont en cinéma, au bac. Pour le cours Cinéma et technologies numériques, j’en ai une vingtaine qui sont en jeux vidéo, et le reste sont soit spécialisés en cinéma soit en études cinématographiques. C’est un cours au choix, pas obligatoire. J’en ai 2 – 3 aussi en Musiques numériques, et 2 – 3 en littérature du programme de scénarisation. Arrival de Denis Villeneuve a été fait par des boîtes québécoises! Montréal est devenue une plaque tournante, c’est aujourd’hui l’un des Hollywood du jeu vidéo!

Visualisez le premier trailer de son projet :

Seldon X bande-annonce/trailer from Marc Joly-Corcoran on Vimeo.

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