Les ingénieurs au cœur de la transformation numérique

Les ingénieurs au cœur de la transformation numérique

Pourquoi le milieu du génie est-il intrinsèquement lié aux évolutions technologiques et, plus globalement, à la transformation numérique de notre société ? Et quelles sont ses perspectives de développement au Québec au cours des prochaines années ? Voici ce que Kathy Baig, la présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, a expliqué lors d’une rencontre de MTL Connecte.

D’entrée de jeu, comme le rappelle à juste titre Mme Baig, la proximité du génie avec le milieu de l’innovation ne date pas d’hier. « Si nous profitons, dit-elle, de nombreuses technologies aujourd’hui, c’est notamment grâce à nous, les ingénieurs. »

Des ingénieurs au nombre de 65 000 au sein de l’Ordre des ingénieurs du Québec (ing.), qui a fêté en 2020 ses 100 ans d’existence, et répartis dans 46 ordres professionnels qui vont bien au-delà du secteur de la construction (seulement 20% des membres). « Une bonne quinzaine de disciplines touchent, directement ou indirectement, des sphères numériques comme les biotechnologies, l’intelligence artificielle, l’électronique, la mécanique, etc. »

Voici d’ailleurs une publicité qui roule en ce moment et qui montre cette diversité de spécialisations :

À partir de ce préambule, il suffit de se plonger dans les besoins que la transformation numérique exige dès maintenant, et exigera dans les prochaines années, pour comprendre l’étroite proximité qui lie le génie et les spécialités du milieu numérique.

Tendances du marché et opportunités de carrière

Plusieurs études de l’ing. menées auprès des ingénieurs et des entreprises ont permis de brosser un portrait du génie au Québec d’ici 2030. 

On y dénote notamment qu’au cours des prochaines années, quatre principaux secteurs au Québec, dont trois touchent le milieu numérique, auront besoin d’ingénieurs dans leurs rangs : l’intelligence artificielle, la robotisation et l’électrification des transports.

De plus, même si de manière globale, on estime à 1,6% (1000) le taux de professionnels qui pourraient manquer à l’appel en génie d’ici 2030, en s’intéressant à des disciplines plus spécifiques, comme le génie informatique (IA, robotisation), le génie électrique et électronique (transports, robotisation, virage numérique), ainsi que le génie chimique (nouveaux procédés, transports, etc.), les besoins seront nettement plus importants. Certaines branches auront en effet d’ici là besoin de combler jusqu’à 30% de postes ! On imagine donc facilement les enjeux que représentent dès maintenant ces tendances et, surtout, les opportunités d’emploi qui seront offertes à ceux qui voudront en profiter.

De plus, autre tendance intéressante à connaître, 40% des étudiants actuels en génie souhaitent devenir entrepreneurs. « C’est une excellente nouvelle pour le Québec, car ils seront partie prenante de la relance et à même de relever les défis technologiques qui nous attendent », indique Kathy Baig, dont l’ordre est en train de réaliser une étude pour anticiper les besoins de cette nouvelle cohorte d’entrepreneurs pour les accompagner adéquatement.

Le développement durable en ligne de mire

Présents dans la majeure partie des secteurs d’activités, le génie participe en première ligne aux transformations propices au développement durable. Voilà pourquoi l’ing. souhaite assurer un leadership en la matière et s’est doté d’un plan basé sur trois principes : l’amélioration continue, la collaboration des ingénieurs avec toute une gamme d’autres métiers, et le soutien de l’innovation basée sur la rigueur scientifique.

« C’est comme cela que notre société dans son ensemble progressera. Il faut viser toujours plus haut », explique Mme Baig.

Pour y parvenir, plusieurs objectifs ont été distingués. « Nous voulons par exemple encourager l’économie circulaire, à savoir la valorisation des matières résiduelles pour obtenir des matières premières, ainsi que la carboneutralité, donc l’amélioration des technologies et des procédés pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Nous avons tous un rôle à jouer en matière de développement durable ! », dit l’ingénieure.

Formation, inclusion, immigration

Les dossiers sur lesquels Kathy Baig et ses pairs ingénieurs sont épais. Ils touchent d’abord la formation, puisque comme nous l’avons écrit plus haut, attirer plus de candidats à la profession d’ingénieur dans certaines disciplines moins connues, notamment dans l’univers numérique, n’est pas une mince affaire.

Des initiatives sont donc menées au primaire, au secondaire et au Cégep pour présenter aux jeunes les nombreuses possibilités qu’offre le milieu du génie. « Il faut d’ailleurs savoir, précise Mme Baig, qu’on n’a pas besoin d’être un champion en mathématiques ou en science pour devenir ingénieur. Les notes de passage suffisent, et une fois sur le terrain, on se rend compte qu’on n’utilise vraiment pas toute la théorie qu’on nous a enseignée. Alors, il faut juste se retrousser les manches pour passer à travers sciences fortes et maths fortes au Cégep, et après, plein de voies s’ouvrent à vous. »

L’inclusion est aussi au centre des initiatives de l’ing. et des autres ordres pancanadiens. Effectivement, les femmes étant encore minoritaires dans le milieu du génie (16,4%), il faut les attirer dans cette branche, bien sûr, mais aussi assurer leur rétention. Pour ce faire, l’opération 30 en 30, qui vise à atteindre une proportion de 30% d’ingénieures titulaires en 2030, bat son plein à travers le Canada. 

« Parallèlement, ajoute la présidente de l’ing., nous travaillons sur un guide à destination des employeurs pour faire cesser toute forme de discrimination amenant à la perte d’ingénieures titulaires. » Pour l’instant, 45% des ingénieures sondées estiment effectivement avoir été discriminées, même si 9 sur 10 d’entre elles indiquent qu’elles recommanderaient la profession d’ingénieur à leurs enfants.

L’immigration, enfin, est une solution à ne pas sous-estimer pour doter le Québec d’ingénieurs talentueux. Or, il est encore difficile, lorsqu’on vient de l’étranger avec un diplôme d’ingénieur, d’obtenir la licence nécessaire à l’exercice de cette profession dans la province, en raison du manque de ressources, d’accompagnement, et de la longueur de traitement des dossiers. « Nous y travaillons très sérieusement », assure Mme Baig, sans toutefois greffer plus de détails sur ce sujet encore épineux.

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