Les nouveaux codes vestimentaires au travail

Les nouveaux codes vestimentaires au travail

Différents selon le secteur d’activité et même d’une entreprise à l’autre, les codes vestimentaires ont vécu une petite révolution depuis le début de la crise sanitaire et l’essor du télétravail. Alors quels sont ceux à adopter à présent?

Que l’on soit gestionnaire, employé ou travailleur autonome, le code vestimentaire que l’on choisit pour soi comme pour son équipe de travail est souvent sujet à débats.

La question ne se pose pas vraiment pour certaines professions. Les domaines de la construction, de l’automobile, de la santé ou de la restauration sont régis par des règles de sécurité qui laissent peu de place à la créativité. Une paire de chaussures à embout d’acier, une blouse de protection d’hôpital ou un uniforme de mécanicien peuvent peut-être varier de couleur, mais se ressemblent un peu tous.

Certaines entreprises imposent aussi le port de l’uniforme. Pantalon noir et chemise blanche dans des restaurants, tee-shirt ou polo aux couleurs de commerces, blouse de travail dans des cliniques, toge dans les cours de justice.

Le questionnement est par contre plus important dès que l’on évolue dans des sociétés qui ne disposent pas d’un code vestimentaire établi, ou bien si l’on travaille de chez soi.

Le code vestimentaire implicite

Un code vestimentaire englobe de nombreux aspects. Il peut être lié à l’habillement, mais aussi à l’hygiène, la coiffure, les bijoux, les accessoires et jusqu’au maquillage que l’on porte. Un ensemble de règles établies autour de l’apparence physique, moins pointues qu’avec le port d’un uniforme, mais qui peuvent s’avérer assez précises dans certaines sociétés.

En tant qu’employeur ou même à titre de travailleur autonome, il va de soi qu’on souhaite refléter la meilleure image possible de notre entreprise. Par conséquent, si notre équipe ou nous-mêmes avons à interférer directement ou par écrans interposés avec d’autres personnes, qu’il s’agisse d’employés ou de clients, un code implicite est généralement de mise.

Ce dernier est cependant très variable dans chaque société ou même selon le rôle qu’on y occupe. Un employé dans une banque ne s’habillera généralement pas de la même manière qu’un programmeur dans une start up ou une adjointe de direction. On remarque aussi que dans certaines structures, la couleur des cheveux, le port de piercings ou le fait de montrer ses tatouages importent peu, alors que dans d’autres, ces signes sont plutôt mal vus. Enfin, dans la plupart des cas, même si les gens sont plus conciliants qu’avant, si un de nos collègues ou nous-mêmes sommes continuellement décoiffés, habillés de vêtements rappelant des pyjamas ou que notre hygiène est douteuse, l’image que nous projetterons de notre personne et de la société pour laquelle nous travaillons seront entachées.

Définir son image de marque

Avant de s’imposer ou d’imposer à des employés un certain code vestimentaire, surtout dans un contexte croissant de télétravail, il est crucial de répondre à certaines questions : quelle est la fonction occupée? Est-ce qu’elle nécessite un contact avec de la clientèle ou des collègues? Doit-elle correspondre à un certain code vestimentaire? Et si tel est le cas, est-ce que ce dernier est adapté, pratique, confortable et non discriminatoire?

Il faut toutefois rappeler que selon la loi, il est interdit d’imposer l’achat d’un uniforme, de vêtements ou d’accessoires particuliers à un employé, et si ce dernier doit se plier à un code vestimentaire explicite, cela doit être justifié par la nature de son mandat. Bref, textuellement, l’entreprise doit « faire atteinte aux droits fondamentaux des employés le moins possible ». Il faut toujours garder ce principe en tête avant d’établir un code vestimentaire.

Refléter ses valeurs personnelles et professionnelles

D’autre part, comme l’indique un article sur Agendrix, les choix que l’on fait en matière vestimentaire doivent refléter des valeurs cohérentes, que ce soient les nôtres ou celles de notre entreprise. Si par exemple, notre organisation crie haut et fort qu’elle est ouverte aux différences et à l’inclusion, mais que tous les employés doivent être coiffés de manière identique et ne peuvent pas exposer leurs tatouages, il y a un décalage évident entre nos paroles et nos actions. Une telle incohérence risque de repousser les employés, tout comme la clientèle.

De la même manière, si on a soi-même un emploi cadre ou qu’on est travailleur autonome, ce n’est pas parce qu’on évolue en télétravail que l’on doit s’autoriser un total laisser-aller. On se souvient d’ailleurs du tollé que certains politiciens ont déclenché au cours de la dernière année en se présentant en réunion torse nu ou habillés en haut, mais pas en bas. Donc, pour le bien de sa réputation personnelle et celle de l’entreprise que l’on représente, il vaut mieux éviter ce genre de faux-pas…

Finalement, le code vestimentaire n’est vraiment pas si anodin qu’on pourrait le croire de prime abord, même en télétravail. Alors, pensez-y bien!

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