Pénurie de main-d’oeuvre: enseigne-t-on bien les sciences?

Pénurie de main-d’oeuvre: enseigne-t-on bien les sciences?

Au moment où on se questionne sur la pénurie de main-d’oeuvre en science et en techno, coup d’oeil sur une formation peut-être déficiente…

La science, plus précisément l’enseignement de la science à l’école, est un sujet plutôt absent de cette campagne en vue des élections du 1er octobre. Pourtant, de nombreux intervenants dans le milieu de la pédagogie scientifique souhaiteraient qu’on améliore l’accès à la science pour les élèves. Leur constat est le même : il faut initier les enfants à la science dès le plus jeune âge.

L’enseignement des sciences est formellement absent du programme à l’école primaire publique québécoise. À cette étape cruciale de l’instruction des enfants, il n’y a pas de cours de science à proprement parler. Cependant, à compter des deuxième et troisième cycles, la matière science est notée et apparaît donc au bulletin des élèves. Au secondaire, la science est bien sûr enseignée par des spécialistes, mais depuis la réforme pédagogique, il n’y a plus de cours spécialisés de biologie, de chimie et de physique, mais plutôt un cours de sciences qui regroupe différentes disciplines scientifiques.

La formation des enseignants en science laisse à désirer

Le rôle d’éveil de la science chez les élèves du primaire revient donc à leurs enseignants titulaires, mais ceux-ci ne sont pas toujours bien préparés à présenter la science aux enfants.

Pour Marie-Claude Nicole, chargée de projet à l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec, les enseignants du primaire ont trop peu de formation en didactique des sciences, voire peu de contact avec la science. Ce qui ne facilite pas leur enseignement, ajoute Mme Nicole. « Souvent, ce que ça va créer, c’est que dès le début de leur pratique, les enseignants du primaire ne se sentent pas assez bien outillés pour enseigner les sciences », dit-elle.

Au secondaire, les enseignants sont des spécialistes, mais même eux profiteraient d’avoir davantage de contact avec des didacticiens des sciences. Il faudrait pour cela, soutient Mme Nicole, que ces experts aient plus de financement pour pouvoir rencontrer davantage d’enseignants de science. Car les défis sont nombreux pour les profs de science, ajoute la chargée de projet de l’AESTQ, quand on pense à l’éducation à la sexualité, qui se retrouve dans la cour des enseignants en science, ou encore au codage informatique.

Mais il n’y a pas que la formation initiale et continue des enseignants qui importe, selon Marie-Claude Nicole. Il faut aussi que les scientifiques et les vulgarisateurs puissent avoir le meilleur accès possible au corps enseignant. Or, là aussi, on constate des lacunes.

Visites scientifiques : le flou n’est pas complètement dissipé

Au cours des dernières semaines, plusieurs organismes prônant ou pratiquant la vulgarisation scientifique, comme l’Association des communicateurs scientifiques, ont tiré la sonnette d’alarme sur le sort réservé aux sorties et visites scientifiques pour les élèves du primaire.

Un flou semble persister depuis le recours collectif de parents ne voulant plus payer les sorties scolaires, mettant à mal les visites culturelles et scientifiques. Pour Stéphane Brouillard, communicateur scientifique et cofondateur des Neurones atomiques, un organisme qui voit à lui seul 50 000 élèves par année dans la région de Montréal, cette incertitude fait en sorte que les réservations pour leurs services ont diminué de moitié cette année par rapport à l’an dernier.

Stéphane Brouillard, comme d’autres, a entendu parler de ce montant de 27 millions de dollars qui viendrait remplacer la contribution des parents pour ces activités, mais rien n’est encore officiellement confirmé, ajoute-t-il. Le communicateur se dit un peu surpris, puisqu’il y a toujours eu, selon lui, un intérêt marqué pour les services offerts par des groupes comme le sien. « Rendre la science accessible, je crois que personne n’est contre ça, mais la difficulté, c’est de savoir avec quels moyens et quelles ressources on va y arriver. »

L’initiation aux sciences : le plus tôt possible à l’école

La présidente du Conseil supérieur de l’éducation, Maryse Lassonde, croit que les sciences devraient être au programme de façon formelle dès le primaire. Elle dit s’inquiéter depuis un bon moment déjà de la diminution des inscriptions aux études supérieures en sciences et en technologie, phénomène qu’elle attribue en grande partie au fait que les jeunes soient trop peu exposés à la science, notamment à l’école primaire.

La situation semble s’être améliorée au secondaire à la suite de l’arrivée du nouveau programme, mais la neuropsychologue demeure inquiète. « Il est encore très difficile de recruter des enseignants dans le domaine scientifique parce qu’il y a beaucoup d’abandons en cours d’études universitaires. », explique-t-elle.

Comment y remédier? Mme Lassonde croit que la formation continue est essentielle, faisant remarquer que de nombreux enseignants du primaire en sciences de l’éducation ont surtout une formation collégiale en sciences humaines et que, conséquemment, ils ont été très peu exposés à la science.

Des exemples à suivre?

Maryse Lassonde croit que le Québec pourrait s’inspirer de ce qui se fait ailleurs pour bonifier l’enseignement des sciences. L’Alberta, par exemple, met les sciences au programme dès le primaire, un exemple à suivre, croit-elle.

En France, le réseau des Maisons régionales pour la science et la technologie, maisons qui accueillent les enseignants de science et leurs élèves, est un modèle intéressant, estime Mme Lassonde, qui ajoute que l’exemple du Royaume-Uni, où on a instauré les Science Learning Centres, est aussi à retenir. « Mais on peut aussi faire de nouvelles choses nous-mêmes », conclut la présidente du Conseil supérieur de l’éducation.

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