InVivo AI : La startup qui a le vent dans les voiles

Lors du Startupfest 2018 tenu du 10 au 14 juillet dernier, la société pharmaceutique et technologique montréalaise InVivo AI a remporté le grand prix du festival : un investissement de 100 000 dollars.

Espresso-Jobs a voulu en apprendre un peu plus sur l’entreprise et son équipe, dont l’un des objectifs est d’aider les grandes sociétés du monde de la pharmacologie à amener les médicaments aux patients plus rapidement…

Nous sommes à la maison Notman, coin Sherbrooke Ouest et Clark. Les bureaux d’InVivo AI y sont situés. La rencontre se fait à la climatisation, au café situé dans le sous-sol du bâtiment. Therence Bois, directeur scientifique et l’un des trois fondateurs de la startup, arrive et l’entretien commence, autour d’un thé.

Malgré ses 24 ans, Therence a un parcours académique bien rempli pour un homme de son (jeune) âge. À ce jour, il détient un baccalauréat en biologie en apprentissage par problèmes (option biologie moléculaire et biotechnologie) de l’Université du Québec à Montréal et une maitrise de l’Université de Montréal en biologie moléculaire – option Médecine cellulaire et moléculaire.

Il est présentement au doctorat à l’institut de recherche clinique de Montréal (IRCM) et il ne lui reste que deux ans pour le compléter. Pour le moment, il occupe deux jobs à temps plein : son doctorat et InVivo AI.

Il confie que son projet de doctorat se concentre sur la caractérisation d’une nouvelle cible thérapeutique jamais publiée, dans le but de générer des thérapies ciblées qui pourraient augmenter l’efficacité de divers traitements de chimiothérapie. Rien de moins.

InVivo AI

Fondée en septembre 2017, InVivo AI utilise l’intelligence artificielle pour rationaliser la recherche et le développement pharmaceutique, en mettant l’accent sur la toxicologie préclinique qui prévoit utiliser l’apprentissage automatique pour développer des médicaments.

L’un de leurs objectifs est d’aider les grandes sociétés du monde de la pharmacologie à amener les médicaments aux patients plus rapidement. « Aujourd’hui, il faut dix ou même 15 ans pour commercialiser un seul médicament au Canada et cela peut coûter jusqu’à 2,5 milliards de dollars en développement », affirme Therence Bois. « Ce serait presque impossible de prédire la toxicité d’un médicament avant de procéder à des essais cliniques. »

« Le plan est à la fois de gagner du temps et de réduire les coûts en réduisant les essais et les erreurs qui sévissent actuellement dans la recherche pharmaceutique », poursuit-il.

Pour commencer, InVivo AI prévoit utiliser l’apprentissage automatique pour détecter la toxicité (effets secondaires, etc.) au stade préclinique.

Selon lui, l’une des choses importantes à rechercher dans les premiers stades du développement de médicaments est de prédire les effets secondaires. Par conséquent, si les chercheurs pharmaceutiques peuvent prédire avec précision la toxicité ingérable et les effets secondaires, ils peuvent concentrer l’argent et les efforts sur le développement des bons médicaments à apporter aux patients.

Cela fait environ un an que Daniel Cohen, le second cofondateur, et Therence lisent des essais scientifiques, des études sur le sujet pour essayer de comprendre comment ils pourraient résoudre ce problème. « En janvier, on a terminé nos recherches et avons trouvé les différentes technologies qui pourraient nous aider à développer les premiers outils d’InVivo. » Les deux hommes ont ensuite ajouté à leur équipe Prudencio Tossou qui, lui, est au doctorat l’Université Laval en intelligence artificielle. « C’était l’ajout à faire. »

Au début, ils étaient trois. Après une bonne réflexion sur comment bâtir leur équipe, InVivo AI a mis sur pied un programme offert aux étudiants, la xVivo AI Scholars Program. L’objectif du programme est de donner aux étudiants un accès à des projets adaptés à leurs intérêts et compétences spécifiques, tout en leur assurant qu’ils n’auront pas à renoncer à leurs engagements académiques. L’entreprise a réussi à recruter six  personnes. Une douzaine de personnes sont prêtes à s’ajouter à l’équipe d’ici l’automne. Ils sont payés.

Les cofondateurs ne sont pas encore dans la possibilité de se fournir un salaire, mais réussissent malgré tout à payer leurs employés.

100 000 $ d’investissement : Que faire ?

Un investisseur vous laisse une seule minute pour donner votre pitch de vente et le convaincre d’investir chez vous. Que feriez-vous avez ce montant à six chiffres ? InVivo a déjà une bonne idée de ce qu’elle fera avec son gain.

« Nous avons beaucoup d’études pilotes que nous voulons commencer avec différents groupes, dit Therence Bois. Nous voulons également construire l’entreprise et l’équipe. » Cette somme permettra, entre autres, de commencer à développer leur équipe de recherche et d’amorcer leurs études pilotes afin qu’ils puissent atteindre leurs prochaines étapes. Ils s’attarderont aussi à élargir leur cercle de collaborateurs.

« Initier les collaborations sera un long processus, mais on s’y attendait, puisque c’est une grosse industrie, concède-t-il. On espère que ça avancera vite. » Sans nommer de noms, Therence affirme que quelques collaborations importantes auront lieu d’ici peu.

Le jeune Montréalais ne le cache pas : sans FounderFuel, l’un des meilleurs accélérateurs de startups technologiques au Canada, InVivo AI n’en serait pas là aujourd’hui. Une fois par année. Le programme offert par l’accélérateur est conçu pour que les entreprises puissent raffiner leur narratif, étendre leur réseau et accélérer rapidement leur rendement. Le programme existe depuis 2011 et aide jusqu’à dix nouvelles entreprises. InVivo AI a été choisi, avec six autres startups pour faire partie de la cohorte 2018.

En terminant, Therence y va d’une petite confession. Il a toujours voulu faire partie du monde scientifique. « J’aime les problèmes compliqués et la science l’est ! »  Ce ne sont pas toutes les sciences qui l’intéressent, bien sûr. Il adore les sciences de la vie, d’où son projet qu’est InVivo AI. Pour ce qui est de la physique, on y repassera. Mais s’il n’avait pas connu le monde de la science, qu’aurait-il voulu devenir ?

« Si je n’avais pas connu la science comme je la connais aujourd’hui, j’aurais été un artiste. J’ai presque fait un double-DEC en art et en sciences naturelles. Je trouve qu’il y a plusieurs parallèles à faire entre la science et l’art. La façon de penser peut être artistique, quand tu y penses. »

C’était la confession de Therence Bois, artistescientifique.

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