Michelle Blanc veut gérer le changement

Michelle Blanc veut gérer le changement

Élections 2018 : Espresso-jobs questionne les principales formations politiques sur les enjeux des TIC.

 

Cette semaine, rencontre avec la candidate du Parti québécois, Michelle Blanc, après celle avec le candidat de Québec Solidaire, Vincent Marissal…

À 40 ans, Michelle Blanc est retournée aux études pour compléter une maîtrise scientifique en commerce électronique à HEC Montréal. Elle fonde par la suite la firme Adviso Conseil pour la quitter deux en plus tard afin de  travailler à son compte et mettre sur pied la firme de consultation Analyweb inc., en 2005.

Treize ans plus tard, elle est candidate péquiste dans Mercier, sur Le Plateau-Mont-Royal. C’est dans son local électoral de la rue Saint-Denis que la candidate accueille Espresso-Jobs afin de  discuter du plan éconumérique du Parti québécois (PQ). Le tout, autour d’une boisson gazeuse et d’un sourire contagieux.

Michelle Blanc a plus d’un titre dans sa poche. En plus d’être consultante, elle occupe les postes de conférencière et auteure en stratégie web, médias sociaux et économie numérique. Le 1er octobre prochain, elle pourrait ajouter à son arc le titre de députée de Mercier pour le PQ. Depuis près de 15 ans, elle milite activement pour un plan numérique pour le Québec.

Gérante d’estrade ou gérer le changement ?

L’an dernier, lorsque le Parti québécois a approché Mme Blanc, elle a refusé candidement l’offre. Quelque temps après, le parti est revenu à la charge et lui à proposé une analogie qui l’a marquée : « Ça fait 15 ans que t’es gérante d’estrade, veux-tu rester gérante ou veux-tu changer les choses ? »

« Quand je mourrai, ce ne sera pas l’argent que j’aurai fait ou mes réussites professionnelles que j’aurai en tête, confie la femme de 57 ans. Ce sera le fait qu’en parlant de ma transsexualité, je sais que j’aurai sauvé des vies et je suis fière de ça. »

Sa transsexualité est un sujet récurrent dans les médias et elle n’a pas peur d’en parler. Si elle est élue, elle serait la première femme trans à faire son entrée à l’Assemblée Nationale. Selon elle, le PQ n’est pas venu la chercher pour cela, « mais parce que je suis une experte mondiale ».

« Si jamais je deviens député ou ministre du numérique, je ne serai pas la première », lance-t-elle, en faisant référence à Audrey Tang, de Taiwan. Tang est devenue la première ministre transgenre au monde, en accédant au poste de ministre du numérique.

Le bilan techno du gouvernement sortant, lui ?

« Je n’aime pas parler négativement des autres », dit-elle en riant. Selon elle, il y a eu trop d’argent dépensé de mauvaise manière. « J’aimerais que l’on pense davantage collectivement, implore-t-elle. Les milliards offerts à Bombardier, il y a bien des petites moyennes entreprises (PME) qui auraient pu profiter de ça et créer des emplois et de l’innovation. »

Selon Michelle Blanc, le Québec techno se porte plus ou moins bien. Au niveau individuel, par exemple, elle mentionne la créativité et la haute performance des firmes technologiques en sol québécois. « On commence à avoir des incubateurs qui ont de l’allure et des hubs qui commencent à être intéressants aussi, avoue-t-elle. Par contre, on est en retard. Nous sommes l’un des derniers pays industrialisés à avoir eu accès au premier iPhone. »

L’un des problèmes avec la technologie, selon elle, c’est que c’est un outil qui peut autant faire le bien que le mal. « On commence à peine à se poser des questions sur la cyberintimidation et du cyberharcèlement. »

Ayant été elle-même victime de cyberintimidation et de cyberharcèlement, elle affirme que le tout est très dur au niveau humain et psychologiquement. « On a fait des campagnes publicitaires pour le port de la ceinture de sécurité en voiture. Elles sont où les publicités sur la cyberintimidation et le cyberharcèlement ? »

Prochainement, le Parti québécois fera des annonces concernant les infrastructures et d’autres annonces plus génériques. Le PQ a déjà annoncé qu’il souhaiterait que 200 000 personnes de plus puissent travailler de la maison d’ici 2025. Selon le parti, le télétravail a des impacts positifs sur la circulation routière puisqu’il diminue le nombre de véhicules sur les routes, ce qui aurait, en plus, un impact positif sur l’environnement.

En faisant référence au droit à la déconnexion proposée par Québec solidaire, Michelle Blanc est d’accord avec l’idée. « Ce que je dis souvent, c’est que la fonction fondamentale d’un téléphone cellulaire dont on ne parle pas assez souvent est le bouton off ».

« Au PQ, nous aimerions instaurer un conseil du numérique avec des experts du milieu numérique, sociologique ou économique, en droit, en technologie, etc. », confie-t-elle. À titre de comparaison, elle fait référence au conseil de l’éducation supérieure.

La place de la femme en TIC

Selon TECHNOCompétences, un comité sectoriel de main-d’œuvre des TIC, les femmes ne représentent que 20 % des employés. Michelle Blanc est-elle inquiète du manque de femmes dans le monde des technologies de l’information ? « Tout à fait », dit-elle sans hésiter.

De manière générale, il manque d’experts en TI et en IA partout au pays. Selon Blanc, les femmes n’ont pas assez de modèles féminins, dans le domaine. « Peut-être parce qu’elles n’ont pas été assez valorisées dans leur jeunesse », se demande-t-elle. En revanche, elle reste optimiste. « Il y a de plus en plus de femmes qui sont au BAC et à la maitrise et Il y a des mouvements pour essayer d’inclure les femmes dans le monde des TIC. »

Qu’en est-il des pertes d’emplois, comme les camionneurs et les chauffeurs de taxi, en raison de l’arrivée de l’intelligence artificielle (IA) ? Michelle Blanc y va d’une analogie d’une situation qu’une génération a connue, il y a quelques décennies : « Lorsque les vendeurs de glace ont perdu leur job en raison de l’arrivée du réfrigérateur, il y a eu beaucoup de réparateurs de réfrigérateur et de livreurs qui sont apparus. »

L’IA engendrera des pertes d’emplois, tout en en créant de nouvelles. Blanc affirme que si le Parti québécois est mené au pouvoir, cet enjeu de société fera partie de leur plan. Selon elle, il faut « penser à préparer ces gens-là à développer d’autres, habilités. »

Shawinigan, la Silicon Valley québécoise ?

Plusieurs experts sont d’accord pour affirmer que Montréal pourrait éventuellement devenir la prochaine Silicon Valley de la province. Michelle Blanc pense comme eux, à une exception près.

« Pourquoi pas Shawinigan ? Ou la Gaspésie, dit-elle sérieusement. Si nous avions des réseaux internet haute vitesse à la grandeur du Québec, tu ne serais pas obligé d’être qu’à Montréal. Ça ferait moins de trafic en ville et en créerait en région et ferait revivre tranquillement l’économie régionale. »

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